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« pense que je suis le bœuf. » Dieu dit : « Ô dupe aveugle, le mont Sinaï ne s’est-il pas écroulé devant Mon Nom ? « Car si Nous avions fait descendre16 ce livre sur la montagne, elle aurait été fendue, puis mise en pièces, et ensuite elle aurait disparu. « Si le mont Ohod M’avait connu, le sang aurait jailli en jets de la montagne. » Tu as entendu cela de ton père et de ta mère ; en conséquence, tu l’as admis sans réfléchir. Si tu viens à Le connaître sans imitation aveugle, par Sa grâce tu deviendras immatériel, comme une voix venue du Ciel. Écoute cette histoire comme un avertissement, afin de comprendre l’effet désastreux de l’imitation aveugle. Comment les soufis vendirent l’animal du voyageur pour couvrir les dépenses du samâ n soufï, après avoir voyagé, arriva à un khanégah. Il conduisit sa monture à l’ étable. De sa propre main, il lui donna un peu d’eau et du fourrage : il n’était pas comme le soufï dont nous avons raconté l’histoire. Il prit ses précautions contre la négligence et la sottise ; mais, quand advient la destinée, à quoi sert la précaution ? Les soufïs étaient pauvres et dénués de tout : la pauvreté comporte presque une infidélité qui mène à la perdition. Ô toi, homme riche et bien nourri, prends garde à ne pas railler la mauvaise conduite du pauvre qui souffre ! A cause de ce dénuement, cette bande de soufis, tous ensemble, décidèrent de vendre l’âne, 520 Disant : « En cas de nécessité, une charogne est nourriture ; mainte action perverse est rendue vertueuse par la nécessité. » Ils vendirent aussitôt l’âne ; ils achetèrent des aliments délicieux et allumèrent des chandelles. Le monastère s’emplit de jubilation : « Ce soir, il y a de bonnes choses, de la musique, de la danse. « Combien de temps supporterons-nous de demander l’aumône et de mendier ? Combien de temps cette patience et ce jeûne de trois jours ? « Nous sommes aussi des créatures de Dieu, nous avons une âme. La chance est avec nous ce soir, nous avons un invité. » Ainsi semaient-ils la semence de la fausseté, car ils considéraient comme l’âme ce qui n’est pas l’âme. Et le voyageur, lui aussi, était fatigué par le long voyage et vit (avec plaisir) cette faveur et cette gentillesse. Les soufis, l’un après l’autre, lui prodiguaient des caresses ; ils jouaient le jeu de lui témoigner des attentions agréables. Quand il vit cette affection à son égard, il dit : « Si je ne me réjouis pas ce soir, quand donc le ferai-je ? » Ils mangèrent les mets et commencèrent le samâ ; le monastère était rempli de poussière et de fumée jusqu’au plafond : 530 La fumée de la cuisine, la poussière soulevée en battant des pieds, le tumulte de l’âme causé par la nostalgie et l’extase. Tantôt, agitant les mains, ils frappaient le sol de leurs pieds, tantôt, se prosternant, »