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« nir à nouveau à la vie. La continuité n’est qu’une apparence et la stabilité des choses n’est qu’une illusion. Il compare cette continuité à un cercle produit par le mouvement circulaire d’un tison de feu que l’on fait tourner 30 . Ces brèves indications suffisent à montrer l’étendue et la profondeur du système philosophique de Mawlânâ. Pourtant, il a toujours manifesté son mépris à l’égard des philosophes et son désaveu des idées discursives. Toutefois, le Mathnawî montre clairement que les critiques de Mawlânâ sont plutôt dirigées contre le Kalam (la scolas- tique musulmane) et ce sont ces scolastiques qui sont visés 31 . D’ailleurs, tout en connaissant fort bien la philosophie grecque et la pensée musulmane — que ce soit le Kalam , la théologie ou la philosophie officielle —, Mawlânâ n’en reste pas là et recherche également la vérité par d’autres moyens 32 . Il dit toujours qu’on ne peut pas comprendre la vérité suprême et la réalité des choses par la philosophie ni par la raison, et il critique très fermement la raison discursive et les données fondées sur sa puissance et son jugement 33 . Cette raison discursive est la raison partielle »