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« la peine au sujet d’un peuple incrédule62 ? A nouveau, il sentit des pleurs dans ses yeux et son cœur : une compassion involontaire se manifesta en lui. 2560 Il versait des larmes et il était devenu bouleversé — gouttes sans cause de l’Océan de la Générosité. Sa raison disait : « Pourquoi ces larmes ? Doit-on pleurer pour de tels moqueurs ? « Dis-moi, pourquoi pleures-tu ? Pour leur tromperie ? Pour leurs innombrables haines misérables ? « Pour leurs cœurs ténébreux et pleins de rouille ? Pour leurs langues venimeuses pareilles à des serpents ? « Pour leur haleine et leurs dents pareilles à celles d’un chien ? Pour leurs bouches et leurs yeux remplis de scorpions ? « Pour leurs disputes, leurs railleries et leurs sarcasmes ? Rends grâces que Dieu les ait mis à part. « Leurs mains sont perverses, leurs pieds pervers, leurs yeux pervers, leur amour pervers, leur paix perverse, leur colère perverse. » Par amour d’un conformisme aveugle, et des normes de la tradition, ils piétinèrent les chameaux de la Raison, le guide vénérable. Ils ne souhaitaient pas avoir un guide (pîr-khar) : ils étaient tous devenus comme un vieil âne (pîr-khar) à force de complaisance hypocrite à l’égard des yeux et des oreilles des uns et des autres. Dieu amena les habitants du Paradis afin de pouvoir leur montrer les habitants de l’Enfer. Sur la signification de Il a fait confluer les deux mers pour qu’elles se rencontrent ; mais elles ne dépassent pas une barrière située entre elles63 2570 ontemple les gens destinés au Feu et ceux du Paradis demeurant dans la même boutique ; pourtant il se trouve entre eux une barrière qu’ils ne cherchent pas à franchir. Il a mélangé les gens du Feu et ceux de la Lumière : entre eux, Il a élevé la montagne de Qâf. Il les a mélangés comme la terre et l’or dans la mine : entre eux se trouvent des centaines de déserts et de caravansérails. Ils sont mélangés comme des perles et du jais dans un collier, devant se séparer comme les hôtes d’une seule nuit. Une moitié de la mer est douce comme le sucre : le goût suave, la couleur brillante comme la lune. L’autre moitié est amère comme le venin du serpent : le goût amer et la couleur noire comme la poix. Ces deux moitiés se jettent l’une sur l’autre, d’en dessous et d’audessus, vague sur vague, comme l’eau de la mer. L’apparence de collision provenant de la corporalité limitée est due au fait que les esprits sont mêlés dans la paix ou la guerre. Les vagues de la paix se précipitent l’une contre l’autre et déracinent les haines des cœurs. Sous une autre forme, les vagues de la guerre détruisent les amours des hommes. 2580 L’amour attire ceux qui sont amers vers ceux qui sont doux, car le fondement de tous les amours est la plénitude. Le courroux emporte ce qui est doux vers l’amertume : »