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« de fumier. » Sache donc qu’une apparence belle et séduisante avec de mauvaises qualités ne vaut pas un liard ; Et même si l’apparence est méprisable et déplaisante, quand le caractère de cette personne est bon, meurs à ses pieds ! 1020 Sache que la forme extérieure disparaît, mais que le monde de la réalité dure à jamais. Combien de temps t’amuseras-tu à aimer la forme de l’aiguière ? Laisse là sa forme ; va chercher l’eau. Tu as vu la forme extérieure, tu ignores la réalité ; trouve une perle dans la coquille, si tu es sage. Ces coquilles des corps sont dans le monde, bien qu’elles vivent grâce à la Mer de l’Ame, Cependant, il ne se trouve pas une perle dans chaque coquille : ouvre les yeux, et regarde dans le cœur de chacun, Et saisis ce qu’a celui-ci et ce qu’a cet autre, car cette perle précieuse se trouve rarement. Si tu ne prends garde qu’à l’apparence, extérieurement une montagne est cent fois plus grande qu’un rubis ; De même, en ce qui concerne la forme, tes mains, tes pieds et tes cheveux sont cent fois plus que le contour de l’œil ; Mais il ne t’est pas caché que les deux yeux sont les plus précieux de tous les membres. Par une seule pensée qui vient à l’esprit, cent mondes sont renversés en un seul instant. 1030 Si le corps du sultan est en apparence seulement un, cependant des centaines de milliers de soldats courent derrière lui. De même, la forme et l’apparence de cet excellent roi sont gouvernées par une seule pensée invisible. Contemple ces populations sans fin qui, mues par une pensée unique, ont recouvert la terre comme un flot ; Petite est cette pensée aux yeux des gens, mais, comme un flot, elle a avalé et emporté la terre. Donc, puisque tu vois que c’est à partir d’une pensée que chaque métier dans ce monde subsiste, Que les maisons, les palais, les cités, les montagnes, les plaines, les fleuves, La terre et l’océan ainsi que le soleil et le ciel, tous en tirent la vie comme les poissons la tirent de la mer, Alors pourquoi dans ta folie, ô aveugle, le corps t’apparaît-il comme Salomon et la pensée comme une fourmi ? A tes yeux, la montagne semble grande ; pour toi, la pensée est pareille à une souris, et la montagne à un loup. Le monde matériel est à tes yeux terrifiant et sublime ; tu trembles et tu es effrayé devant les nuages, le tonnerre, et le firmament, 1040 Tandis qu’en présence du monde de la pensée, ô toi inférieur à l’âne ! tu te sens aussi tranquille et indifférent qu’une pierre, Parce que tu n’es qu’une forme et n’as point d’intelligence ; tu n’es pas de nature humaine, tu es un ânon. Par ignorance, tu considères l’ombre comme étant la personne, aussi la personne est-elle devenue pour toi un jouet et de peu d’importance. Attends le jour où cette »