SoufiStudio
Rûmî

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« de distinguer avec certitude la lumière de chacune. Si tu comptes cent pommes ou cent coings, ils ne restent pas cent mais deviennent un, quand tu les écrases ensemble. Dans les choses spirituelles, il n’y a ni division ni nombre ; dans ce qui est spirituel, il n’y a ni séparation ni individus. Douce est l’unité de l’Ami avec Ses amis ; attache-toi au sens spirituel. La forme est rebelle. Fais que la forme rebelle dépérisse d’affliction, afin de pouvoir sous elle, comme un trésor caché, découvrir l’unité. Et si tu ne la fais pas dépérir, Ses faveurs la ruineront. Oh ! mon cœur est Son vassal. Il va jusqu’à Se montrer à nos cœurs. Il coud le froc rapiécé du derviche (Il l’unit à Lui). Nous étions simples, et tous d’une seule essence, nous étions tous sans tête et sans pieds, là-bas ; Nous étions une seule substance, comme le Soleil ; nous étions lisses et purs, comme l’eau. Quand cette Lumière sublime prit forme, elle devint multiple, comme les ombres des créneaux. Détruis les créneaux avec le mandjanîq (catapulte), afin que la différence s’évanouisse entre ces ombres. 690 J’aurais pris de la peine pour expliquer ceci, mais je crains que ne trébuche un esprit (faible). Les subtilités qui y sont contenues sont aussi acérées qu’un sabre d’acier ; si tu n’as pas de bouclier, détourne-toi et sauve-toi. Ne viens pas sans bouclier au-devant de cette lame, car le glaive n’hésite pas à couper. Pour cette raison, j’ai remis mon épée dans le fourreau, afin que celui qui lit de travers ne puisse se méprendre (sur ce que je veux dire). Venons-en maintenant à terminer cette histoire et parler de la loyauté de la multitude des justes, Qui se levèrent après (la mort) de ce chef, réclamant un vicaire à sa place. La querelle des émirs concernant la succession ’un de ces émirs s’avança devant ces gens à l’esprit loyal. « Voyez, dit-il, je suis le vicaire de cet homme : je suis le vicaire de Jésus à l’époque présente. « Voyez, ce rouleau est la preuve qu’après lui la succession me revient. » Un autre émir sortit d’une embuscade : sa prétention concernant la vice- gérance était la même ; 700 Lui aussi sortit un rouleau de dessous son bras, de sorte que chez tous deux s’éleva une violente colère. Le reste des émirs, l’un après l’autre, tirant des sabres tranchants, Chacun avec une épée et un manuscrit dans la main, se mirent à se battre comme des éléphants furieux. Des centaines de milliers de chrétiens furent tués, de telle sorte qu’il y avait des monceaux de têtes coupées ; Le sang coulait à droite et à gauche, comme un torrent ; des montagnes de poussière s’élevaient dans l’air. Les semences de discorde qu’avait semées le vizir étaient devenues une calamité pour eux. Les coquilles des corps furent brisées, et ceux qui possédaient le noyau eurent, après avoir été tués, un esprit noble et pur. Le massacre et »

Mawlânâ Jalâl ad-Dîn Rûmî

Mathnawi