SoufiStudio
Rûmî

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« Dans ton propre cœur, cent questions et cent réponses viennent de ce qui est au-delà de l’espace vers ta demeure. 4280 Tu les entends, un autre ne les entend pas, même s’il approche son oreille de toi. Ô toi qui es sourd, j’admets qu’en réalité tu ne les entends pas ; mais, puisque tu as vu leur emblème extérieur, comment ne crois- tu pas ? Réponse à celui qui se moque du Mathnawî parce que son intelligence est faible vaurien moqueur, tu aboies comme un chien et trouves des fautes afin de railler le Qor’ân. Ce n’est pas un lion tel que tu puisses préserver ta vie ou sauver ta foi des griffes de sa vengeance. Le Qor’ân proclame jusqu’à la Résurrection : « Ô hommes consacrés à l’ignorance, « Qui me considériez comme un conte vain et qui semiez la graine de la raillerie et de l’infidélité, « À présent, vous avez constaté ce dont vous vous moquiez, à savoir que c’est vous qui étiez périssables et un conte vain. « Je suis la Parole de Dieu subsistante dans l’Essence divine ; je suis l’aliment de l’Âme de l’âme, et je suis le joyau de la pureté. « Je suis la Lumière du soleil qui est tombée sur vous, mais je ne suis pas devenu séparé du Soleil. « En vérité, je suis la Source de l’Eau de la Vie, pour libérer de la mort les amoureux de Dieu. 4290 « Si votre cupidité n’était pas devenue aussi pourrie, Dieu aurait répandu sur vos tombes un peu de cette Eau. « Non, je veux accepter le conseil et les dires du Sage (de Ghazna) ; je ne veux pas laisser mon cœur être blessé par chaque raillerie. » Parabole du poulain refusant de boire de l’eau à cause des cris des palefreniers insi qu’il l’a raconté, le poulain et sa mère étaient en train de boire de l’eau. Les palefreniers criaient sans arrêt aux chevaux : « Allons, buvez ! » Ces cris parvinrent au poulain : il leva la tête et refusa de boire. Sa mère lui demanda : « Ô poulain, pourquoi refuses-tu toujours de boire de cette eau ? » Le poulain dit : « Ces gens hurlent : j’ai peur de leurs cris. « C’est pourquoi mon cœur tremble et palpite : je crains d’entendre leurs cris. » La mère répondit : « Depuis que le monde existe, il y a toujours eu sur terre des importuns de la sorte. » Écoute, occupe-toi de tes propres affaires, ô homme digne : bientôt, ils s’arracheront les cheveux (de regret). 4300 Le temps est limité, et l’eau abondante se répand au loin : (bois- en), de peur d’être misérable en en étant séparé. Il existe un célèbre canal, rempli de l’Eau de la Vie : tire de cette Eau, afin que de toi puisse pousser la verdure. Nous buvons l’eau de Khizr dans le fleuve des paroles des saints : viens, ô homme ignorant et assoiffé ! »

Mawlânâ Jalâl ad-Dîn Rûmî

Mathnawi