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« dans le jeu de nard. Comment les prisonniers se plaignirent de l’insolvable auprès du représentant du cadi es prisonniers allèrent se plaindre à l’employé du cadi, qui était doué de discernement, Disant : « Présente nos salutations au cadi et rapporte-lui les souffrances que nous inflige cet homme vil ; « Car il est resté constamment dans cette prison et il est un vagabond oisif, un parasite, et une malédiction. « Comme une mouche, il apparaît sans vergogne à chaque repas, sans invitation et sans salam. « Pour lui, la nourriture de soixante personnes n’est rien ; il fait semblant d’être sourd si on lui dit : “Assez !” « Si une bouchée parvient à un homme dans la prison, ou si, au moyen de cent astuces, il découvre de la nourriture, « Cet insatiable satanique arrive avec cet argument que Dieu a dit : “Mangez18 !” « Justice, justice contre ces trois années de famine ! Puisse l’ombre de notre seigneur durer à jamais ! « Ou bien faites sortir ce buffle de prison, ou bien accordez-lui une ration de nourriture régulièrement grâce à une donation. « Ô toi grâce à qui hommes et femmes sont rendus heureux, rends-nous justice ! Ton aide est invoquée et recherchée. » L’employé courtois alla trouver le cadi et lui rapporta les plaintes de bout en bout. Le cadi fit appeler l’insolvable de sa prison en sa présence et ensuite se renseigna sur lui auprès de ses propres officiers. Toutes les plaintes qu’avait portées cette masse de prisonniers s’avérèrent fondées auprès du cadi. Il lui dit : « Lève-toi et quitte cette prison ; va dans la maison qui est la propriété dont tu as hérité. » Il répondit : « Ma maison et mon foyer consistent en ta bienveillance. Comme pour un infidèle ta prison est mon Paradis. « Si tu me chasses de cette prison et me fais partir, en vérité, je mourrai de misère et de mendicité. » 630 II plaida sa cause comme le Démon qui disait : « Ô mon Seigneur, accorde-moi un délai19 jusqu’au Jour de la Résurrection, « Car je suis heureux de me trouver dans la prison de ce monde afin de pouvoir tuer les enfants de mon ennemi, « Et, si quelqu’un a un peu d’aliment de foi et une simple miche de pain pour la vie future, « Que je puisse m’en emparer, tantôt par ruse, tantôt par tromperie, de sorte que par repentir ils puissent se lamenter ; « Et que parfois je puisse les menacer de pauvreté, et parfois les aveugler par l’enchantement des tresses et des grains de beauté. » Dans cette prison (du monde), l’aliment de la foi est rare, et ce qui existe risque d’être pris au filet de la destruction par l’attaque de ce vaurien. Si, grâce à la prière, au jeûne, à cent mortifications, la nourriture du sentiment spirituel est accordée, le Démon aussitôt s’en empare. Je cherche refuge en Dieu contre Son Satan. Nous avons »