۞
« Comment l’ambassadeur de Rûm trouva le Commandeur des croyants, ‘Omar (que Dieu soit satisfait de lui !), sous le palmier 1 se rendit là et se tint à distance ; il vit ‘Omar et se mit à trembler. Une crainte respectueuse saisit l’ambassadeur à la vue de cet homme endormi ; une douce extase se logea dans son âme. L’amour et la crainte sont opposés l’un à l’autre ; il vit ces deux contraires unis dans son cœur. Il se dit en lui-même : « J’ai vu bien des rois, j’ai été honoré et choisi en la présence de sultans ; « Je n’éprouvais ni crainte ni effroi des rois, mais la crainte de cet homme m’a dérobé mes esprits. 1420 « Je suis allé dans une jungle de lions et de léopards, et mon visage ne changea pas de couleur à cause d’eux. « Souvent, quand les armées étaient rangées sur le champ de bataille, je suis devenu furieux comme un lion quand la situation est désespérée ; « J’ai reçu et infligé bien des coups ; j’ai été plus courageux en mon cœur que les autres. « Sans armes, cet homme est endormi sur la terre, et moi, je tremble de tout mon corps : qu’est-ce que cela ? « Ceci est la crainte de Dieu, non des choses créées ; ce n’est pas la crainte de cet homme qui porte un froc »