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Rûmî

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« Ce discours n’a pas de fin. Le chasseur de serpents, avec cent peines, apportait le serpent, 1030 Jusqu’à ce qu’enfin, dans le désir d’attirer la foule, il arrive à Bagdad, afin de présenter son spectacle à la croisée des chemins. L’homme installa son spectacle sur la rive du Tigre, et une rumeur s’éleva dans la cité de Bagdad : « Un chasseur de serpents a apporté un dragon : il a capturé un animal extraordinaire ! » Des myriades de niais s’assemblèrent, qui étaient devenus sa proie comme il l’était de sa folie. Ils attendaient ; et lui aussi attendait que les gens dispersés se rassemblent. Plus la multitude est grande, et davantage valent l’aumône et la contribution. Des myriades de bavards oisifs s’assemblèrent, formant un cercle, semelle contre semelle. L’homme ne faisait pas attention à la femme : en raison de la foule, ils étaient mélangés comme les nobles et le commun des gens lors de la Résurrection. Quand le chasseur de serpents se mit à remuer l’étoffe (couvrant le dragon), les gens tendirent le cou, Et virent que le dragon, qui avait été gelé par le froid intense, était en dessous de cent sortes de rudes étoffes de laine et de couvert »

Mawlânâ Jalâl ad-Dîn Rûmî

418525136-Mathnawi-T-1-a-3-Rumi-Djalal-Din