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Rûmî

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« c’est un vent de mon ânon. « Entre vingt vents, je reconnais ce vent, comme le voyageur connaît ses provisions de route. » Le hodjâ bondit sur ses pieds et, perdant patience, il saisit le paysan par le col, S’écriant : « Ô imbécile, ô coupe-lacet, tu as fait preuve d’hypocrisie, tu as mangé du haschich et de l’opium. « Au milieu de trois obscurités, tu reconnais le vent de ton âne : comment ne me reconnais-tu pas, ô écervelé ? « Celui qui reconnaît un ânon à minuit, comment ne reconnaîtrait-il pas un ami de dix années ? » Tu fais semblant d’être un mystique enivré, tu jettes de la poussière aux yeux de la générosité, Disant : « Je n’ai même pas conscience de moi-même, dans mon cœur, il n’y a place pour rien d’autre que Dieu. « Je ne me souviens pas de ce que j’ai mangé hier, mon cœur ne trouve sa joie que dans l’émerveillement. 670 « Je suis sain d’esprit, et fou de Dieu : rappelez-vous cela, et puisque je suis hors de moi, excusez-moi… »

Mawlânâ Jalâl ad-Dîn Rûmî

418525136-Mathnawi-T-1-a-3-Rumi-Djalal-Din