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« aussi éloignés l’un par rapport à l’autre que l’habitant de Merv et l’habitant de Rayy. Chacun va à sa propre demeure ; chacun se comporte selon son nom ; 290 Si on l’appelle un vrai croyant, son âme se réjouit ; et si vous dites « hypocrite », il devient furieux. Le nom du vrai croyant provient de son essence ; celui de l’hypocrite est haï à cause de ses défauts répugnants. Les quatre lettres mîm et wâw et mîm et nûn ne confèrent nul honneur : le mot mûmin (vrai croyant) sert seulement à désigner. Si vous l’appelez hypocrite, ce nom vil le pique à l’intérieur de lui- même, comme un scorpion. Si ce nom n’est pas dérivé de l’enfer, alors pourquoi s’y trouvet-il le goût de l’enfer ? La vilenie de ce mot mauvais ne provient pas des lettres ; l’amertume de l’eau ne vient pas du récipient. Les lettres sont le contenant : à l’intérieur le sens est contenu, comme l’eau ; mais la mer du sens est avec Dieu — avec Lui est le Ummu ’l-Kitâb *. En ce monde, la mer amère et la mer douce sont divisées mais elles ne dépassent pas une barrière située entre elles6. Sache que toutes découlent de la même origine. Dépasse-les toutes deux, va vers leur origine ! Sans la pierre de touche, tu ne distingueras jamais dans l’essai, par ton propre jugement, l’or falsifié de l’or pur. 300 Celui dans l’âme de qui Dieu a placé la pierre de touche distinguera la certitude du doute. Un morceau de saleté saute dans la bouche d’un homme vivant : ce n’est que lorsqu’il l’a rejeté qu’il se sent bien. Lorque, parmi des milliers de morceaux, un petit bout de saleté est entré dans sa bouche, le sens du goût de l’homme vivant l’a repéré. Le sens physique est l’échelle pour ce monde ; le sens religieux est l’échelle pour le ciel. Recherche le bien-être du sens physique auprès du médecin ; implore le bien-être du sens religieux auprès du Bien-Aimé. La santé de celui-là provient de l’état florissant du corps ; la santé de celui-ci provient de la ruine du corps. La Voie spirituelle ruine le corps et, après l’avoir ruiné, lui rend la prospérité : Elle a détruit la maison pour y découvrir le trésor caché, et avec le même trésor la rebâtit plus belle qu’auparavant ; Elle a coupé l’eau, et nettoyé le lit de la rivière, puis a fait couler l’eau potable dans le lit de la rivière ; Elle a percé la peau et retiré la pointe de fer — puis de la peau neuve a poussé sur la blessure. 310 Elle a rasé la forteresse et l’a prise aux infidèles, puis a élevé là cent tours et cent remparts. Qui peut décrire les actions de Celui qui est sans égal ? Ce que j’ai dit est seulement ce que permet la nécessité présente. Parfois, elle (l’action de Dieu) apparaît comme ceci, et parfois comme son »