SoufiStudio
Rûmî

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« 240 Ainsi, toute cette nuit jusqu’à l’aube, le malheureux âne, à cause de sa faim extrême, se roulait sur le flanc. Le jour se leva. Le serviteur vint le matin, alla aussitôt chercher la selle et la plaça sur le dos de l’âne. A la manière des vendeurs d’ânes, il lui donna deux ou trois coups de bâton : il traita l’âne de la manière qui convenait de la part d’un tel vaurien. La rudesse du coup fit ruer l’âne : quelle langue possède un âne pour décrire ses propres sentiments ? Quand le souft monta sur lui et se prépara à partir, l’âne se mit à tomber sur la tête chaque fois, Et chaque fois les gens le relevaient ; ils pensaient tous qu’il était malade. L’un lui tordait l’oreille, tandis qu’un autre cherchait sous son palais un endroit meurtri ; Un autre cherchait un caillou dans son sabot, un autre regardait la saleté dans son œil, Et aussi ils disaient : « Ô sheikh, quelle est la cause de cela ? Ne disais- tu pas hier : “Dieu merci, cet âne est fort ” ? » Il répondit : « L’âne qui a mangé Lâ hawl (Dieu me protège !) pendant la nuit ne peut avancer, sauf de cette façon. « Puisque la nourriture de l’âne pendant la nuit était Lâ hawl , il glorifiait Dieu la nuit, »

Mawlânâ Jalâl ad-Dîn Rûmî

418525136-Mathnawi-T-1-a-3-Rumi-Djalal-Din