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« que c’est dans la même période qu’une telle réforme se produit en Occident chrétien et voit également l’apparition des principaux ordres confrériques dont l’esprit est également le retour à la pauvreté originelle comme le Christ en avait été le modèle. Bien que des spécificités puissent être observées pour chacun de ces ordres confrériques, les points communs de pauvreté et de consécration étaient évidents. En Occident, nous verrons l’ordre des mendiants, celui des prêcheurs comme les franciscains ou dominicains, puis d’autres ordres bâtisseurs comme les clunisiens ou cisterciens. En islam, apparaissent la Qadiriya fondée par Jilâni, la Shadhiliya fondée par Shadhili, la Mawlawiya par Rumi, la Nagshbandiya par Bahao din Nagshband et surtout la Akbariya par le plus grand des maîtres Ibn ‘Arabî qui aura un caractère bien plus fermé et particulier. Avec le temps, le « confrérisme » deviendra institutionnel à son tour et subira les affres du temps et de la quantité de ses adhérents. Une suite d’abus et de dégénérescences faisant des confréries des moyens d'influence, d’accès au pouvoir, d’enrichissement mèneront à une perte de l’esprit fondateur. Dès le XVIe siècle le constat de plusieurs maîtres comme Sha’rânî ou Ahmed Zarrûq est sans appel. La quantité est privilégiée sur la qualité, les scandales d’argent plus fréquents, mais surtout une disparition de l'initiation effective. Les cas de réalisation spirituelle réels se font de plus en plus rares. Toutes les confréries prétextant avoir le meilleur maître, le secret, la baraka, voire être la seule voie viable et opérative. Un exclusivisme et des pratiques parfois même contradictoires avec les principes les plus basiques de l'initiation. Cependant, les règles de compagnonnages resteront invariables et seront, de génération en génération, rétablies à chaque fois que cela semblera nécessaire, la terre d’Allah ne devant jamais manquer de vocation et d’élus. »