۞
« ossible ». Nous terminerons cette très brève notice en indiquant que la "licence poétique" n'est pas une expression vaine. D'une façon générale, le commun des croyants, et surtout les savants litté ralistes, ne sont pas à même de comprendre l'état intérieur de l'initié réalisé; et il est certain aussi que nombre de tournures et de formules présentes dans les poèmes de l'Émîr pourraient difficilement être acceptées par les censeurs de toutes sortes si elles avaient été écrites en prose. D'autre part, il faut dire que toute tentative, pour le poète, véritable « interprète de la "langue sacrée" » selon Guénon, de décrire et exprimer son "expérience" d'une manière claire, excluant toute ambiguïté, est vouée à l'échec. C'est pourquoi le lecteur rencontrera à tout moment, dans sa progression, le thème de la perplexité, conçue tantôt comme le désarroi de la nature créée qui perd pied et se désagrège devant l'infini ; tantôt comme la béatitude de l'Élu dont le cœur reçoit le déferlement sans limite des dons et des sciences divines. Cette arabe28• La disgrâce qui toucha une certaine poésie a valu aux poètes ennemis du Prophète des malédictions dont on trouve trace dans le Coran29 et la Tra »