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Maîtres soufis

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« le genre humain chez Râbi’a. Enfin, la position de Räbi’a quant à la loi religieuse : elle pratiquait avec une grande dévotion la prière et le jeûne. La loi reste un truchement, une médiation qui est utile pour se rapprocher de Dieu, mais dont il faut malgré tout se méfier dans la mesure où une pratique trop scrupuleuse de la loi peut détourner de la présence divine. Rayonnement de la figure de Râbi’a dans la tradition soufie postérieure. Il est clair que son attitude spirituelle constitue un tournant dans l’histoire du soufisme. C’est à travers elle que l’on peut identifier le passage entre une ascèse et une crainte de l’enfer, et l’idée du contact avec l’amour. Au IXe siècle, le problème va se poser sur le plan théologique en termes de ‘ishq. Débat historique entre un groupe de soufis et les Hanbalites. Attâr’ dépeignait Râbi’a comme une seconde Marie. Nous trouvons d’autres grands maîtres ayant marqué profondément la spiritualité islamique que nous étudierons plus en détail dans les cours suivants. Parmi eux : On distingue parfois sukr = ivresse ; et sahw — sobriété. Distinction entre une certaine mystique de l’ivresse et une mystique de la sobriété. Hallâj ou Abû Yazid ou encore Rumi illustrent une mystique de l'ivresse, tandis que d’autres mystiques ont exprimé l’extase dans des termes beaucoup plus sereins, doctrinalement encadrés (exemple même de la mystique encadrée = Junayd, mort en 905). Distinction quelque peu gênante cependant. »

Florilège de la tradition soufie