SoufiStudio
Maîtres soufis

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« la rebâtir vivante et priante parmi les anges ». Hamid promet la judicature du Caire à Ibn Mukram s’il signe l’arrêt de mort de Hallâj. Le Calife finit par signer l’arrêt de mort lors d’un festin organisé par les comploteurs. Le 24 de Dhu-l-Qa’ada à Bab Khorassan, devant une foule innombrable, Hallâj coiffé d’une tiare est flagellé, et exhibé sur le gibet. Le lendemain, on lui coupe la tête, il est démembré, arrosé de pétrole et brûlé. Ses cendres seront jetées dans le Tigre et sa tête suspendue à un écriteau. En fait tous ses ennemis participèrent au complot ; les shi’ites qu’il gênait, les sunnites qui l’accusait d’être shi’ite et enfin les soufis qui lui reprochait de rendre extérieur ce qui devait rester intérieur. Mais cela ira plus loin, ils lui reprocheront des incompréhensions le menant à un manque de respect envers le Prophète. Par exemple, dans un hadith le prophète dit : « Mon intercession ira aux gens de ma communauté ayant sombré dans les péchés majeurs », Hallâj lui reproche un manque d’universalité et dit: moi j'intercèderai pour tout le monde. Les maîtres dont Ibn ‘Arabi diront que Halläj n’a pas compris le sens du mot « ma communauté » qui en fait ne concerne pas seulement la communauté islamique historique mais bien tous les hommes. Ne voulant pas renier ses propos publics, Hallâj est condamné à mort et supplicié à Bagdad le 27 mars 922. Il restera un des plus célèbres condamnés soufis et son supplice sera mentionné de nombreuses fois dans les écrits de Rûmi, par exemple. Celui qui considère ses œuvres perd de vue Celui pour qui il œuvrait. Et celui qui considère Celui pour qui il œuvre, perd de vue ses œuvres. »

Florilège de la tradition soufie