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« état humain. C'est aussi pourquoi les Livres sacrés sont écrits en langage rythmé[ ... ] ; et d'ailleurs la poésie, originaire ment, n'était point cette vaine "littérature" qu'elle est devenue par une dégénérescence qu'explique la marche descendante du cycle humain, et elle avait un véritable caractère sacré. On peµ_t en retrouver les traces jusqu'à l'antiquité occidentale classique où la poésie était encore appelée "langue des Dieux", expres sion équivalente à celles que nous avons indiquées puisque les "Dieux", c'est-à-dire les Dêuas", sont, comme les anges, la représentation des états supérieurs. En latin les vers étaient appelés carmina, désignation qui se rapportait à leur usage dans les rites, car le mot carmen est identique au sanscrit Karma, qui doit être pris ici dans son sens spécial d'"action rituelle" ; et le poète lui-même, interprète de la "langue sacrée" à tra vers laquelle transparaît le Verbe divin, était vates, mot qui le caractérisait comme doué d'une inspiration en quelque sorte prophétique. Plus tard, par une autre dégénérescence, le vates ne fut plus qu'un vulgaire "devin", et le carmen (d'où le mot français "charme") un "enchantement", c'est-à-dire une opé »