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« de la Croix, p. 150. René Guénon éditions Trédaniel. d’un contact direct et vertical à Dieu. Cette remarque indique que notre nature profonde n’a d’autre raison d’être que d’établir un rapport direct à Dieu et de Le manifester sur terre. Toutes les grandes traditions professent ce même message bien qu’il semble oublié de la plupart de leurs fidèles, voire de leurs représentants. Dans le meilleur des cas, cette doctrine reste aujourd’hui une sorte de profession de foi toute théorique dont les conséquences ne sont pas mises en œuvre. Pourtant, de grands sages tels Shams de Tabriz disaient : « Tu peux étudier Dieu à travers toute chose dans l’univers, parce que Dieu n’est pas confiné dans une mosquée, une synagogue ou une église. Mais si tu as encore besoin de savoir précisément où Il réside, il n’y a qu’une place où le chercher : dans le cœur d’un amoureux sincère »{. Ou encore l’Émir Abdel Kader l’Algérien : «Les gens de notre voie n’ont jamais prétendu apporter quelque chose de nouveau dans le domaine religieux, mais seulement donner une compréhension actualisée de la Religion éternelle »°. Enfin, jusqu’à la fin de sa vie, René Guénon affirmera l’égalité des formes extérieures au regard de la Tradition primordiale que toutes expriment plus ou moins correctement ou complètement selon les circonstances. Le livre du monde n’est que l’expression de cette réalité profonde, commune et universelle qui se trouve également au-dedans de nous. C’est ainsi qu’un maître Eckhardt ou un Synésius disaient : « Qu’importe que le Christ naisse mille fois à Bethléem s’il ne naît pas en toi ». »