SoufiStudio
Ibn ʿArabî

۞

« s Fusûs. La doctrine de la risâla, qui définit cette fonction, est au coeur du présent chapitre. L'importance exceptionnelle donnée au texte de la sourate Nûh et à son commentaire peut s'expliquer par référence au chapitre 313 des Futûhât, qui traite de la Demeure spirituelle corres­ pondante. Dès l'abord, on est frappé par la présence du nombre 313 qui est celui des envoyés divins antérieurs à l'Islam. Au début de ce chapitre, Ibn Arabî précise que Nûh "est le premier des envoyés. Avant lui, il n'y a eu que des prophètes3 . Chacun d'eux suivait une Loi provenant de son Seigneur : ceux qui le désiraient se soumet­ taient avec lui à cette Loi ; ceux qui ne le voulaient pas ne s'y soumet­ taient pas." Dès lors seuls pouvaient être qualifiés de "mécréants" ceux qui cessaient de se soumettre à cette Loi après l'avoir acceptée ou ceux qui, sans être obligés à rien, prenaient l'initiative de déclarer menteur le prophète qui l'avait instaurée. En revanche, s'agissant d'un rasûl, c'est-à-dire d'un envoyé divin, la Loi qu'il proclame est obligatoire pour l'ensemble du peuple auquel il s'adresse, de sorte que ceux qui refusent de s'y conformer sont déclarés "mécréants" (kuffâr)^ par là-même. »

Muḥyî ad-Dîn Ibn ʿArabî

ibnarabi_fusus_al_hikam_fr