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Ibn ʿArabî

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« o­ phète conduit à interpréter l'erreur qu'il commet non comme une faute mais comme une épreuve qu'Allah lui envoie au moment de le faire accéder à un degré supérieur de réalisation. L'image qu'il per­ çoit ne provenait pas, comme cela avait été le cas jusque là, de la "Dignité de l'Imaginaire" (c'est-à-dire du monde intermédiaire) mais directement de son coeur, devenu le support des Théophanies prin- cipielles et la source de l'Inspiration dont bénéficie désormais son être individuel. La qualité prophétique du Patriarche avait garanti jusque là la véridicité de ses songes10, mais la vision qui est la sienne en l'occurrence ne se produit ni dans le monde sensible ni dans le domaine subtil qui est celui de l'imagination, mais bien à un degré supra-individuel. L'idée qu'elle véhicule est précisément qu'il doit sacrifier son âme pour préserver l'Inspiration théophanique dont son coeur est le réceptacle. Son imagination représente ce sacrifice comme étant celui de son fils, car celui-ci n'est autre que lui-même. D'autre part, comme il est habitué à voir ses songes se vérifier dans 6. Cf. Les sept Étendards, chap. XXXVIII, par référence à Cor.,24,35. 7. Cf. Futûhât, chap. 32 ; vol. 3, p »

Muḥyî ad-Dîn Ibn ʿArabî

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