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Ibn ʿArabî

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« (ô Muhammad), tu guides en vérité vers une Voie Droite, la Voie d'Allah... (Cor.,42,52-53) : c'est à ce passage que le premier vers du poème fait allusion. L'expression "Voie Droite" y figure sous une forme indéterminée, ce qui est éga­ lement le cas pour le premier passage, mais non pour le second. L'indétermination est un symbole d'universalité ; c'est parce que la Voie Droite est déterminée par l'article que, dans la Fâtiha, elle est définie comme celle de "ceux sur qui Tu répands Ta Grâce" à l'exclu­ sion de "ceux sur qui est la Colère" et des "égarés" ; en revanche, lorsque la Voie Droite est considérée en mode indéterminé et univer­ sel, la distinction établie dans la première sourate n'a plus de raison d'être : selon la réalité véritable, la Grâce et la Miséricorde divines sont répandues sur tous. Les commentateurs comprennent cela de la façon suivante : tout Nom divin peut être considéré comme le seigneur d'un serviteur particulier ; inversement, tout serviteur est sous la dépendance d'un Nom divin qui lui est propre9. Or, tous les Noms divins sont des Noms de l'Essence, ce qui explique la raison pour laquelle Celui qui "tient le toupet" des êtres est désigné dans le premie »

Muḥyî ad-Dîn Ibn ʿArabî

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