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Ibn ʿArabî

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« COMMENTAIRE Alors que Nûh appelait à l'unité transcendante proclamée par l'in­ tellect, Idrîs représente l'unité immanente opérée au moyen de la réalisation spirituelle ; la première est qualifiée par les commenta­ teurs de 'aqlî ("intellectuelle") et la seconde de nafsî ("personnelle"). La Sagesse d'Idrîs est qualifiée de "Très-Sainte"1 parce que, selon les données traditionnelles de l'Islam, ce prophète a réalisé en lui- même, grâce à une ascèse et à une abstinence extrêmes, un état de transcendance par rapport à la manifestation grossière ; c'est pour­ quoi Allah l'a "exalté", de sorte qu'il n'a pas été atteint par la mort corporelle. Les commentateurs soulignent qu'il s'agit d'une réalisa­ tion opérée au moyen des oeuvres : si Idrîs a été "exalté en un lieu élevé", c'est parce que l'oeuvre se rapporte au lieu alors que la science se rapporte au degré (§1). Selon l'enseignement du Tasawwuf, le do­ maine des oeuvres prend fin au Lotus de la Limite2 auquel aboutit la première partie de l'Ascension prophétique (mïrâj) au terme de la traversée des sept Cieux planétaires dont le Ciel du Soleil, régi par Idrîs, occupe le centre. Pour Ibn Arabî, "le Lotus de la Limite a été désigné ain »

Muḥyî ad-Dîn Ibn ʿArabî

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